Biographie de Tony de Mello par Bill de Mello
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Tony et la Société de Jésus
En 1952, Tony a été envoyé en Espagne pour étudier la philosophie pendant trois années au cours desquelles une évolution personnelle s'est produite. Il a acquis un charisme qui a fait de lui un leader d'hommes. Un groupe de Jésuites espagnols qui l'ont suivi en Inde étaient étonnés qu'un Indien arrive à parler espagnol comme si c'était sa langue maternelle. Même après des décennies, les Espagnols parlaient toujours l'anglais avec un accent. Tony avait certainement le don des langues. Il était aussi à l'aise dans le marathi, le hindi (deux dialectes de l'Inde) et, bien sûr, l'anglais.
La maturité
La première lueur de changement a été perceptible à une époque où j'éprouvais beaucoup de difficultés à l'école. Ma préoccupation principale à l'école était de passer à côté des règles. S'il y avait cent façons d'éviter l'étude, j'en connaissais cent dix! J'ai élevé l'absence injustifiée au niveau de l'art ! Mes cabrioles ont continué en dépit de plusieurs avertissements de la part de mes enseignants et de nombreuses notes à mon dossier de la part du principal de l'école. Chaque avertissement, chaque réprimande étaient traités avec la sévérité qu'ils méritaient. J'ai été grondé ou encore, on a suspendu mon allocation hebdomadaire. Les punitions n'avaient aucun effet sur moi. A la fin d'une année, mon bulletin scolaire indiquait un échec et je devais la reprendre. C'en était trop pour mes parents, qui avançaient en âge..Trop pour le fils qui devait s'occuper d'eux dans leur vieillesse! Ils ne pouvaient pas comprendre comment un fils pouvait être une bénédiction et l'autre, une malédiction. Après une rude confrontation avec moi, mes parents ont décidé qu'ils me conduiraient à Tony et le laisserait décider ce qui devait être fait. Je n'avais pas eu beaucoup de contact avec Tony depuis son dépat pour l'Espagne et le souvenir que je gardais de lui étant celui d'une personne stricte en matière de discipline; j'appréhendais donc cette rencontre. Tony était alors au Collège de Nobili, Poona, à environ 120 milles de Bombay, où il avait étudié la théologie, de 1958 à 1962. Chaque minute du voyage en train me faisait prévoir l'enfer. J'allais rencontrer le diable à 12 heures et les minutes s'envolaient.
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![]() Photo de famille, juin 1955 Pris au 25ème anniversaire de mariage de nos parents (debout) Grâce, Tony, Marina, ( assis) (Papa) Frank, Bill, Louisa (Maman) © Droit d'auteur Bill deMello Au collège, Tony nous a reçus dans le salon. Mes parents lui ont exposé la terrible histoire, en brandissant le bulletin scolaire, avec les nombreuses notes de plainte de mes enseignants. Tony a écouté avec un visage sérieux, plus sérieux que l'image du Pape Pie XII sur le mur. J'ai imaginé Tony appelant les foudres du ciel pour me punir. Je devrais sûrement demander pardon à genoux. Quand mes parents eurent fini leur récit, Tony a dit : "Avance-toi Bill. Allons faire une petite promenade." Les yeux battus, les épaules rentrées, les jambes molles, j'ai suivi Tony dans le jardin. Je savais qu'il ne me frapperait pas, mais je craignais que ses propos ne soient encore plus blessants. Nous nous sommes assis sur un banc et Tony m'a demandé quel était mon problème. Moi, bien sûr, employant une excuse facile, je lui ai dit que j'avais beaucoup de mal à étudier à la maison parce que j'étais dérangé par mes deux soeurs, qui, devenues des adultes, travaillaient et s'amusaient avec leurs amis, alors que je devais étudier! J'ai soigneusement évité le sujet de mes absences injustifiées et il ne l'a pas abordé. J'ai ajouté que les choses iraient mieux si j'étais envoyé en pension.
Un saint terrifiant devenu un doux héros
J'ai pleuré de soulagement et j'ai ressenti de l'affection pour cet homme qui m'avait profondément compris . Ce jour-là, il est devenu mon HÉROS. Incidemment, après cette rencontre, ma performance à l'école a correspondu à mes prouesses dans le domaine sportif. |
© Droit d'auteur sur les textes et les photos: Bill deMello
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